Comment est né le projet “Antares Building” ?

Nïats est initialement un projet musical solo basé essentiellement sur un complexe réseau de samples. “Antares Building” n’est ni plus ni moins que la continuité “live” de ce projet. Cependant la musique interprétée étant essentiellement narrative, j’ai cherché à retranscrire les histoires de mes différents morceaux dans une performance scénique. Étant technicien du son de métier, je me suis tourné vers deux amis, l’un éclairagiste, l’autre motion designer, afin de trouver le moyen d’emmener le public vers les univers narratifs que je distillais dans ma musique. Nous nous sommes rapidement tournés vers un mapping live interactif, qui nous permettait à la fois de développer un univers visuel en lien avec l’univers sonore et musical, et qui d’autre part, représentait un challenge technique excitant laissant une réelle part d’interprétation live. Peu à peu, nous avons enrichi le projet de deux puis trois musiciens, mais qui, dans la version actuelle, ne sont plus présents.

Vous êtes technicien de son de formation. Est-ce que votre ancienne formation influence votre façon de créer la musique ?

En fait, je suis bien plus technicien que musicien… C’est mon métier principal, et c’est lui qui me pousse à la création musicale. Ce qui m’amène à créer cette musique et pas une autre, c’est le sound design, à savoir le travail de la matière sonore. C’est pour moi un véritable terrain d’expérimentation, de jeu, et de création de sensations. Là où un instrumentiste va travailler son jeu, son interprétation, son écriture musicale, afin d’amener l’auditeur dans un certain état d’esprit, je fais de même, mais en maniant la matière sonore. Mon savoir faire de technicien m’amène à retravailler et à assembler des sons issus de samples, de prises de sons, d’enregistrements, pour créer une narration musicale. Mes gammes à moi, c’est la « bidouille » sonore (même si je n’aime pas trop ce terme).

Quelles sont vos plus grandes influences ?

Sans conteste Amon Tobin… et ça se sent (peut-être même trop…). La seconde moins évidente sont des compositeurs de la fin 19ème, début 20ème (Stravinsky, Mussorgsky et Debussy) pour leur travail sur la matière orchestrale. Et puis enfin, des grands noms de la musique indus (Nine Inch Nails principalement), de la scène électro (Clark, Autechre, Burial…) et du rock prog (Pink Floyd, pour ne citer qu’eux), toujours pour leur travail sur le son ! Je suis aussi séduit par la portée narrative de tout ces artistes et compositeurs ; j’aime écouter une musique qui me raconte quelque chose, qui me plonge dans un récit, et qui m’évoque des images ; et j’essaie de faire de même.

Quels sont les projets à venir pour Niäts ?

C’est un peu compliqué à dire, je suis très centré sur mon boulot (de technicien), et du coup j’ai peu de temps à consacrer à de nouvelles créations… Mais je ne désespère pas ! J’ai essayé de créer plus de choses avec des amis musiciens afin d’apporter un aspect live dès la création, mais je me suis rendu compte que j’avais énormément de difficultés à travailler en groupe. Dernièrement je me suis remis à bosser seul et je retrouve une facilité à créer des univers sonores qui me parlent, du coup je suis plutôt optimiste sur l’avenir ! Je reste conscient, que j’aurais beaucoup de difficultés à me centrer uniquement sur la création musicale, mais j’aime vraiment le travail du son comme vecteur d’émotions et donc je persévère à mon rythme.

 

Crédits Photos: Jaquette + Photo Live: Sébastien Girard // Photo Presse: Thomas Pascaud