Comment est né le concept Hara ?

A la base le concept est né d’une commande de la Biennale STRP à Eindhoven pour réaliser une installation pouvant être présentée en container. J’ai aimé l’idée que ces containers soient comme les ventres de notre monde industriel, de grosses bedaines métalliques qui voyagent en bateau et dans lesquelles on entasse des vivres. Et puis ça renvoie au mythe du ventre de la baleine dans laquelle Jonas trouve la lumière.
Au Japon, ventre se dit Hara et représente le siège des émotions, contrairement à la pensée occidentale qui les situe d’avantage au niveau cérébral. Ça a été notre postulat de départ avec les musiciens Fred Marolleau et Christelle Lassort.

Quelles sont vos influences ?

Ian Curtis et Cédric Villani.
J’aime croiser les genres et essayer de sortir des cases même si ce n’est pas évident. J’utilise des outils modernes mais essaie de les employer à la lueur de connaissances ou croyances anciennes et lointaines.

 

L’installation a été présentée entre autre à la 7ème édition du festival Chromatic à Montréal. Quel avenir voyez vous pour Hara ?

Pour Chromatic on a proposé une nouvelle version 3 fois plus grande avec l’agence Tetro+A.
C’était canon, ça « brassait la cage » comme disent les québecois. C’est intéressant de pouvoir adapter l’installation a tout type d’espace, d’observer comme elle résonne avec les lieux qui l’accueillent. Entre un container hollandais et une église bulgare, les sensations sont évidement très différentes. C’est ce que j’espère continuer à faire tout en développant de nouveaux projets.

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui, oui. En ce moment je fais des lives avec des musiciens très chics. J’ai notamment un projet avec Jean-Baptiste Cognet qui s’appelle Walter Dean, un autre avec Jeff Mills autour de la SF des années 80. Je prépare aussi de nouvelles installations qui verront le jour cette année.